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02 juin 2008
Mariage annulé à Lille : un grave retour en arrière
C'est une inquiétude qui me saisit lorsque j'évoque le mariage annulé dernièrement par un juge de Lille. Une inquiétude pour l'ensemble des femmes, pour l'ensemble des citoyens d'une république laïque, d'une démocratie qui ne doit pas exister que par des faux-semblants. Une juge a donc décidé d'annuler un mariage car l'épouse aurait caché à son mari qu'elle n'était plus vierge, ce dernier, musulman, refusant pareil affront.
Au-delà de la question de la l'égalité homme/femme, il faut aussi oser soulever la problématique de la religion présente dans ce triste fait-divers. Aurait-il fallu rappeler au mari qu'un mariage civil célébré en mairie ne doit en aucun cas rendre compte d'une quelconque appartenance religieuse... règle à rappeler aussi semble-t-il à madame le juge.
C'est un pas en arrière qui a été fait. Un retour à un mauvais ordre moral que j'espérais en 2008 ne plus devoir connaître. Les combats rétrogrades ont donc encore droit de cité et remportent en plus de bien sordides victoires.
00:05 Publié dans Aujourd'hui, Autrement, Médias, Politique française | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mariage, aujourd-hui-autrement, lille, justice, égalité, homme, femme






Commentaires
Salut Jonathan,
j'ai rédigé une note sur mon blog sur cette affaire.
Quoi qu'on puisse penser de la volonté de l'époux qui s'est senti trompé par le mensonge de son épouse qu'il lui a affirmé être vierge alors qu'elle ne l'était pas, en refusant l'annulation de ce mariage vous proposez quel alternative à ce couple qui à mon avis ne veut plus vivre ensemble depuis le jour même du mariage !??
Le mariage n'est pas une obligation. On peut tout de même qu'avant de se marier les conjoints ont longuement discuté et notamment sur cette affaire de virginité. Pourquoi a-t-elle menti ? Pourquoi si elle aussi considère que cette obsession de la virginité est d'une autre époque a-t-elle été tout de même se marier avec cet individu ??
Faut il souligner que cette affaire ne s'est pas déroulée il y a 15 jours et que toute cette médiatisation doit être pour les deux ex-conjoints plus qu'un couteau qu'on remue dans la plaie...
Ecrit par : jmag | 02 juin 2008
Ce jugement n'a rien d'insupportable en fait. Il est issu de l'application stricte d'une loi qui reflète un choix FRANCAIS de société. Il y a déjà eu des précédents d'annulation ou de divorce pour homosexualité, stérilité ou séropositivité. La justice s'est toujours immiscée dans l'intimité sexuelle du couple. Rien d'étonnant en soi, puisque le mariage est un contrat de vie privée. Il ne s'agit donc pas d'une maladresse du législateur ni d'un oubli de circonstances imprévisibles. Cette loi a bien été rédigée pour faire du mensonge, quel qu'il soit, une cause de rupture de contrat.
Si la démarche de l'époux a pu être motivée par des considérations religieuses, on ne peut en revanche le soupçonner d'avoir corrompu le juge, probablement non musulman et donc sans parti pris, ou de l'avoir menacé avec un couteau sous la gorge afin qu'il lui rende une décision favorable. C'est un professionnel qui a réagi en tant que tel.
Il ne s'agit donc pas d'une affaire idéologique ou politique mais bien juridique. Les qualités essentielles n'étant pas mentionnées, elles ne peuvent se résumer qu'aux engagements pris par les deux partis. C'est donc le préjudice de l'époux qui a été réparé et non la morale de l'épouse qui est jugée.
Ces histoires à dormir debout de retour de l'intégrisme, de tribunaux islamiques, d'islamisation de la justice française ou même de droit des femmes sont totalement hors de propos. C'est bien la france qui a imposé sciemment ses propres critères sexuels, médicaux ou moraux et en a fait des fautes dans le mariage ou des motifs d'annulation. Aujourd'hui, à elle de les assumer.
Il existe déjà une justice à deux vitesses, une pour les blancs et une autre pour les noirs. Je n'en souhaite pas une troisième pour les musulmans. A entendre certains, il faudrait que le droit s'applique à sens unique. Et dès lors qu'il sert l'intérêt de certaines catégories de la population, il deviendrait caduque et tout le monde pourrait s'asseoir dessus.
Ce n'est pas ma vision de la justice. Les lois s'appliquent jusqu'au bout et non à moitié, à tout le monde ou à personne. Peu importe les raisons inavouées d'un plaignant. S'il agit par conviction religieuse, politique, pour humilier son conjoint ou par simple vengeance, c'est son droit. La justice ne doit s'occuper que des faits.
Vous pouvez penser ce que vous voulez du fond. Après tout, les lois sont faites pour être modifiées voire abrogées lorsqu'elles sont mauvaises. Le seul petit problème, c'est qu'il fallait penser à militer et revendiquer bien avant que cette affaire ne passe devant le tribunal, sous peine de voir s'appliquer les lois en cours.
En attendant, quoi de plus démocratique que de voir un juge appliquer la loi de façon impartiale. La justice est humaine, le système imparfait et les juges peuvent commettre des erreurs. Mais si en plus, lorsqu'ils font du bon travail, on le leur reproche et on leur demande de faire des entorses au règlement de temps à autres, vous imaginez dans quel monde nous allons vivre.
Toutes ces tergiversations sont ridicules, pathétiques et pitoyables. Ces indignations ne s'expliquent que par l'origine du plaignant, et le fait qu'il tire profit du jugement. Je suis sûre que tout le monde le reconnait, tout bas ou tout haut.
Ecrit par : babeil | 08 juin 2008
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